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Nos cheveux: oubliés ou atout de beauté?

Dans des nombreuses cultures africaines les cheveux de la femme ont toujours été un signe de santé, de beauté, de force et de sensualité. Le cheveu crépu était un mode de communication à part entière qui permettait d’affirmer sa position sociale, son statut matrimonial, de séduire et pouvait à l’occasion servir de parure guerrière.

Un jour du haut de mes 4 ans, je demandais à mon père « pourquoi mes cheveux sont comme ça ?? » en désignant ma touffe volumineuse en argumentant que les caucasiennes avaient des cheveux lisses, que les asiatiques avaient les cheveux lisses et que même les indiens d’Amérique malgré leur peau sombre comme la nôtre avaient des cheveux lisses ce à quoi il répondit « ce sont tes cheveux tu n’en as pas d’autres alors prends en soin ».

Perdu entre l’esclavage, la colonisation et le conformisme de la conscience collective de la mondialisation l’art de s’occuper de nos propres cheveux se perd. Je ne ferai pas ici ni l’apologie du cheveu crépu ni le procès de celles qui préfèrent se défriser je voudrais juste qu’on garde en tête d’avoir des cheveux resplendissants de santé et sortables. Laissons la le débat stérile qui touche à la liberté individuelle de tout un chacun de porter ses cheveux comme il entend en vert,  jaune, bleu ou demi defrisé.

Je mettrais juste un accent particulier sur la possibilité de porter nos propres cheveux et de les trouver beaux. Je mets en exergue ici un phénomène qui me laisse perplexe : d’un côté acheter pour des centaines d’euros ou des centaines de milliers de CFA des mèches naturelles, brésiliennes, péruviennes et d’un autre juger certains produits nécessaires à l’entretien de notre propre chevelure trop chers. Pousser le « vice » et acheter des produits d’entretiens pour nos mèches hors de prix quand on ne possède même pas un seul masque capillaire pour ses propres  cheveux. S’il fallait investir ne serais-ce que la moitié de ces sommes d’argent sur votre propre personne, n’en sortirais-t-elle pas plus valorisée ??? Comment en sommes-nous arrivés au point ou une jeune femme puisse passer 2 mois sans un shampoing ?? Certaines reconnaîtront la plainte « je n ai plus assez d’argent pour me coiffer » si nous pouvions arborer notre chevelure en toute confiance serais ce vraiment un souci ?? Posons-nous les bonnes questions.

Plus qu’une notion esthétique, c’est une question de santé car ces « trous » ou espaces glabres (sans cheveux) portent le nom d’alopécies de la même façon que les pellicules et autres plaques observées sur le cuir chevelu sont dans la majorité des cas des champignons ou mycoses. Tous ces bobos entraînent inévitablement dans un cercle vicieux l’intérieur duquel nos cheveux ne sont jamais assez bien pour être montrés en public et nous les cachons en continuant à les abîmer. J’ai des amies dont on ne voit jamais les cheveux : la coiffeuse défait, les lave sur place et remet un autre tissage. Souvent victimes de traitements destinés à les embellir nos cheveux sont souvent maltraités. Si de façon utopique l’ on interdisait le port des tissages et des perruques…… nous serions témoins d’une véritable désolation capillaire. Je ne dis pas que celles qui en mettent ont forcément des cheveux en mauvais états mais celles qui se cachent sont plus nombreuses que celles qui veulent juste « protéger » leurs cheveux.
Ceci est un cri du cœur à quel moment avons-nous pris pour acquis que nos cheveux n’étaient pas assez bien, assez beaux, assez longs au point de parfois leur préférer des fibres en plastiques ? Chacune est libre d’agir à sa convenance mais il faut trouver un équilibre et un compromis entre la beauté, le confort et la santé.

Je vous affirme que oui il est possible pour nous les africaines d’avoir des cheveux beaux, brillants et débordants de vitalité. Ce n’est pas une juste une question de chance à la loterie génétique mais un problème d’entretien. Il suffit de prendre conscience de nos insuffisances, de dire non à la négligence et d’instaurer une routine capillaire. Je réalise 22 ans plus tard que ce jour-là j’aurai voulu entendre que mes cheveux étaient déjà beaux tels quels et j’avais besoin qu’on m’apprenne à les aimer et à m’en occuper.

Comme il n’est jamais trop tard j’ai enfin appris à les aimer, et au vu des compliments que je reçois et que j ‘accepte avec une humilité modérée ( c’est que la fierté déborde) on dirait que cet amour est contagieux et je veux le partager avec vous.

Encore plus d’amour pour nos cheveux.

leychou

creditphoto@williamnsai

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4 réflexions au sujet de « Nos cheveux: oubliés ou atout de beauté? »

  1. vraiment un article qui dit beaucoup de vérités je n’ai jamais compris le phénomène des brésiliennes je ne peux pas acheter ces trucs la même si je suis milliardaire je n’ai donc aucun remord lorsque j’achète mes produits capillaires parce que comparé a ce que d’autres dépensent pour de faux cheveux ce n’est rien et en plus ce sont mes propres cheveux qui en bénéficient

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